Lundi 19 mai 2008

C'est JUNG le psychanalyste suisse pour lequel j'éprouve une grande admiration qui a mis en évidence le phénomène de synchronicité.

Il l'évoque d'ailleurs dans sa passionnante autobiographie Ma Vie.
Je l'ai déjà lu 2 fois mais je pense que je vais y retourner encore car c'est une oeuvre d'une rare intensité que l'on redécouvre à chaque fois.
Jung reste un "psy" à part dans l'histoire de la psychanalyse dans la mesure où il n'a jamais fermé son psychisme aux manifestions irrationnelles. Il s'est ouvert aux symboles et aux philosophies orientales.
Cette synchronicité, je l'ai déjà expérimenté et je l'appelle clin d'oeil de la vie. Humoristique, surprenant, terrifiant et toujours déroutant.
J'aimerais vous faire part de l'un d'entre eux qui m'est arrivé récemment.
Je viens de terminer l'ouvrage de Lionel Shriver qui se nomme Il faut qu'on parle de Kevin. Kevin est un adolescent américain qui perpétue un massacre dans son lycée.
Sa mère décrit la vie de son fils sous la forme d'un journal à la 1e personne et tente de comprendre les motivations qui ont poussé son enfant à se transformer en un monstre criminel. Elle s'interroge sur sa part de responsabilités et montre tous les aspects positifs et négatifs de son rôle essentiel en tant que mère et éducatrice. De la naissance pourtant désirée de Kevin à son acte prémédité, elle nous fait entrer dans son quotidien et dans l'horreur d'une personnalité malsaine et perverse.
J'ai rarement ressenti autant de malaise à aller jusqu'au bout d'un ouvrage de fiction. Elle ne nous passe aucun détail de la cruauté quotidienne de son fils et de son esprit retors. Elle nous met face à notre perpexité d'adulte et de parent.

Des questions fondamentales surviennent alors : quelle est la part de l'inné dans un caractère et la part d'acquis ? naît-on fondamentalement bon comme le soutient Jean-Jacques Rousseau ou bien le Mal est-il ancré dès la naissance?
Une mère peut-elle ne pas aimer son enfant ? un enfant peut-il haïr sa famille au pont de vouloir la détruire?
Essentielles interrogations qui nous affectent tous et nous conduisent à nous remettre en cause en tant que parent éducateur.
Je ne suis pas ressortie indemne de cette lecture qui ressemble plus à une analyse psychologique presque médicale qu'à un roman.
J'ai donc terminé cet ouvrage avec soulagement et c'est alors qu'au même moment, un fait divers vient me frapper en plein coeur avec violence : deux jeunes mineurs violent la petite soeur de l'un d'entre eux, filment leur scène avec un téléphone portable et la diffusent dans leur collège. Il se trouve "comme par hasard" que ma fille se trouve dans ce collège et qu'elle connaît le frère violeur puisqu'ils sont dans la même classe !!! Elle a, elle aussi, vu cette fameuse vidéo et en a été profondément choquée. Choquée que ce soit le propre frère de la victime qui se soit comporté en bourreau ! Ma fille adore son frère aîné.
J'avoue qu'en tant qu'adulte j'ai été profondément touchée par cette affaire, malheureusement symptômatique d'une époque où les repères (RE-PERES ???) sont confus voire absents.
Je ne me permettrai pas de juger, encore moins de condamner les parents comme j'ai pu le lire sur divers forums, ils sont à mon avis plus victimes que coupables.
"A MESURE QUE LA CONNAISSANCE SCIENTIFIQUE PROGRESSAIT,
LE MONDE S'EST DESHUMANISE..."
C.G. JUNG, L'homme et ses symboles
LE MONDE S'EST DESHUMANISE..."
C.G. JUNG, L'homme et ses symboles



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